Nouveau périple pour le Snef, la participation à l’activité principale de nos collègues néerlandophones le Toervaart qui, cette année se déroulait à Bocholt.

Au vu de la distance à parcourir, le club s’est organisé en 2 groupes, celui des « travailleurs » et celui des « ayant le temps ». C’est la 4ème participation pour le « Nous 5 » cet évènement nous est devenu incontournable.

La soirée de clôture du Toervaart s’annonce à la fois festive et solennelle. Tout le monde est là pour apprécier le plaisir d’être ensemble et partager un excellent buffet, mais aussi pour être attentif l’heure venue où le président remet les trophées aux capitaines des bateaux méritants de l’année. Le Snef n’a pas été en reste car nous avons eu la surprise d’entendre le nom de notre cher club à 2 reprises. La première pour nous récompenser pour les nombreuses participations d’un club francophone aux différents Toervaart et la seconde pour entendre le nom de « Nous 5 » qui a également été mis à l’honneur en recevant « la flamme bleue ».

Après cette soirée riche en événements, le repos est le bienvenu, car le lendemain, nous repartons en direction de Seneffe, et comme pour l’aller, plusieurs étapes seront nécessaires.

Nous nous sommes organisés avec un autre couple d’amis de navigation (que nous appellerons Marie et Alain) pour nous rejoindre à Jambes où nous commençons par une soirée très agréable dans un petit resto. Nous avons chacun un matelot particulier à bord : pour eux, leur compagnon à 4 pattes et pour nous notre fils cadet qui, dès qu’il le peut, aime nous accompagner.

Nous voilà donc partis sous un ciel clément, un peu de vent par moment, mais pas de quoi perturber notre navigation. Après quelques heures, nous arrivons à l’écluse de Montignies-sur-Sambre et Marie nous prévient qu’ils comptent s’arrêter car Alain ne se sent pas bien. Un peu interloqués, nous nous disons qu’il vaut peut-être mieux s’arrêter une fois passé l’écluse car celle-ci avait été préparée pour nous et nous attendait

Nous faisons part de notre idée par mariphone et la réponse de nos amis tarde. C’est alors que nous voyons Marie aux commandes de leur embarcation, ce qui n’est pas son habitude et encore moins à l’approche d’une écluse et de ce fait, nous lui proposons de venir se mettre à couple avec nous afin de manœuvrer dans l’écluse plus facilement. Marie marque son accord et se rapproche de notre bateau jusqu’à la dernière minute ou, croyant qu’elle allait nous heurter fait une soudaine marche arrière, rendant la prise d’une amarre impossible pour rapprocher nos bateaux. Nous ne comprenons pas bien ce qu’il se passe, mais percevons très bien le stress et sentons qu’il se passe quelque chose.

Nous attendons que le bateau fasse demi-tour afin de venir nous rejoindre devant les portes de I écluse et voyons à ce moment-là que celui-ci tourne en rond à plusieurs reprises comme s’il n’était plus maîtrisé. Plusieurs appels radio afin de savoir ce qu’il se passe restent sans réponse et ensuite, nous les voyons enfin arriver dans notre direction. Lorsque leur bateau est à notre hauteur, c’est Alain qui a repris les commandes et nous fait signe qu’il rentre en I er lieu dans l’écluse. Une fois amarrés, je monte l’échelle car je ne peux m’empêcher d’aller voir si tout va bien sur l’autre bateau. Marie semble inquiète, Alain n’est vraiment pas bien et ne sera pas capable de continuer le voyage. Pendant la montée des eaux dans l’écluse, nous demandons à le l’éclusier d’appeler une ambulance.

La première difficulté consiste pour l’ambulance, à parvenir jusqu’à nous. En effet, nous nous trouvons d’un côté du canal et ceux-ci n’ont pas l’habitude de venir à cet endroit carrossable mais peu fréquenté. Difficulté suivante, notre ami à des difficultés à se déplacer et les berges du canal sont à cet endroit, bien plus hautes que le niveau de l’eau. Nous avons dû aider les ambulanciers tant bien que mal à « monter » notre ami afin qu’il soit à leur portée et puisse se rendre jusque l’ambulance.

Une fois examiné, ils décident d’emmener Alain à l’hôpital pour quelques examens complémentaires. Il est bien entendu indispensable à nos yeux que Marie puisse l’accompagner. Il fallait donc envisager de ramener à bon port leur bateau avec à bord un matelot poilu certes de taille mais qui ne nous était pas d’une grande aide et, qui lui aussi à très vite perçu l’inquiétude de ses maîtres et de nous-mêmes.

Pour nous, et selon la devise de notre club, il était important de ramener le bateau d’Alain et Marie car nous étions partis ensemble et nous devions revenir ensemble.

Donc nous avons pris le bateau à couple. Afin de perturber le moins possible le pauvre chien perdu sans ses maîtres, notre fils est monté à bord du bateau de nos amis afin de lui tenir compagnie et veiller à ce que tout se passe bien. Nous avons encore passé 2 écluses espérant pouvoir être rentrés en fin de journée. Malheureusement, les évènements nous ont fait perdre du temps et arrivés à Gosselies, nous nous sommes retrouvés face à une écluse tous feux éteints et malgré que nous étions encore « dans les temps », plus aucun contact possible par la VHF ou téléphone… Nous n’avions plus d’autre choix que de passer la nuit-là sous un magnifique soleil, offrant un superbe tableau, mais n’ayant plus la même saveur à nos yeux compte tenu de ce que nous avions vécu la journée et les nouvelles peu rassurantes que nous transmettait Marie. En soirée, la fille de Marie et Alain est venue rechercher leur compagnon à 4 pattes.

Le lendemain matin, nous étions prêts pour passer l’écluse à la première heure. Dans la foulée, celle de Viesville. Arrivée au Snef vers midi où nous attendait Marie pour nous aider à ce que leur bateau retrouve sa place avec un pincement au cœur. Ceci clôturait cette aventure dont nous n’aurions jamais pu imaginer la tournure. Le symbole de notre flamme bleue a donc très vite pris son sens mais nous aurions tellement souhaité que cela soit dans d’autres circonstances. Marie et Alain ont également reçu la flamme bleue il y a quelques années et nous savons que si les rôles avaient été inversés, ils auraient fait la même chose pour nous.